lundi 18 juin 2007

Du poil de la bête


AVANT (estimation des sondages)













Bon ! Quand même ! Les 47% de français qui ont voté contre Nicolas Sarkozy ne sont pas totalement morts et ensevelis. Bonne nouvelle ! Fin de l’état de grâce pour la droite. La gauche effondrée se relève de ses cendres et tant pis si ça suscite des métaphores hétéroclites.

Sursaut, ressac, reflux : la gauche réussit à contrer la vague bleue. Le tsunami prédit n’a pas eu lieu. Mais qui donc avait employé ces expressions, qui donc avait vendu la peau de l’ours ? « Pas nous », dit la droite. Pourtant Fillon avait l’air bien sûr de lui…
Les journalistes se taisent, un peu piteux… Honteux de leur empressement à enterrer la gauche et à célébrer le nouveau pouvoir ?

Ce soir, pourtant, on avait presque oublié qu’il y avait une soirée électorale. Les bandes-annonces égrenées toute la semaine n’avait pas réussi à relancer le suspense. Ce soir, ne nous étant même pas rendu aux urnes puisque notre vote de la semaine dernière n’avait pas suffi à empêcher la victoire au premier tour du candidat de l’UMP se présentant dans notre circonscription, nous continuions à surfer mollement sur la vague de la morosité et du cynisme qui nous a personnellement touché le 6 mai. Ce soir, donc, soirée morne en perspective : dimanche, fête des pères et temps de chien, victoire de la droite annoncée, rien de quoi se réjouir, a priori.

18 heures : on traîne tout de même un peu devant la télé pour savoir au moins si les gens sont allés voter, et là, mauvaise nouvelle: une abstention quasi similaire. Pourtant, le journaliste souligne lourdement que cette abstention n’indique pas forcément que ce soit les mêmes électeurs qui se sont déplacés… Bon, dans le petit jeu qui consiste à décrypter ce que les journalistes savent déjà mais ne doivent pas dire, on se prend à rêver que les électeurs de droite se soient peut-être un peu démobilisés et que ceux de gauche aient peut-être saisi l’occasion pour limiter les dégâts…

Et puis, une image tout de même attire notre attention : le journaliste en direct de Bordeaux est particulièrement sollicité par Pujadas et il apparaît bien hésitant sur l’issue du scrutin qu’il ne doit pas révéler et surtout bien seul dans la cour de la mairie…Se tramerait-il quelque chose ? Juppé n’aurait-il décidément pas de bol? On savait que Bordeaux avait voté en majorité pour Ségolène, mais de là à envisager qu’il soit obligé de démissionner juste un mois après avoir pris la tête de son super ministère… Le pauvre, c'est toujours lui qui trinque.

Alors on se dépêche quand même d’expédier le repas et les mômes pour pouvoir être prêt à 20 heures, et là, coup de théâtre ! La répartition des sièges à l’assemblée s’affiche sur l’écran et on a beau ne pas avoir trop suivi la campagne, on sait très bien que le nombre affiché ne correspond pas aux estimations catastrophistes annoncées toute la semaine. Où sont les 450 députés UMP annoncés ? Non, ce n’est pas possible !


APRES















Alors soudain, un imperceptible changement dans l’air semble se produire, un mouvement, un peu d’espoir, quelque chose qui bouge, depuis un mois qu’ on assiste impuissant à la comédie infernale du candidat et de ses affidés préparant leurs petits aménagements, condamné à se demander à quelle sauce les plus pauvres vont être mangés, soudain, une envie d’écrire sur son blog… Ça fait du bien, « on respire », comme dira Mélenchon.

Mais que s’est-il passé entre les deux tours?
D’abord, il y a eu l’embrouille de la TVA sociale et, ça c’est Fabius qui a su levé le lièvre, et il n’a pas manqué de le rappeler ce soir…
Au soir du premier tour, il demande à Borloo de dire clairement s’il prépare une augmentation de la TVA. L’homme a des principes, il ne ment pas, tente de rester évasif mais avoue être sur un projet. Le lendemain, Fillon choisit d’assumer et de préciser la mesure. S’ensuit un cafouillage dû en partie au manque de préparation d’un dossier pas encore bouclé mais surtout au caractère profondément injuste de la mesure qui révèle la réalité de la politique gouvernementale. Devant l’ampleur de la polémique, Sarkozy pond in extremis un communiqué qui est censé mettre fin au débat mais qui ne fait que souligner le malaise.
Borloo, la boulette …

Et puis, il y a eu sans doute le rôle des électeurs du modem : 17% de français à la trappe, derrière un candidat abandonné de tous à cause du chantage électoral mené par le clan sarkoziste, de quoi être aigris. Et là, Ségolène Royal a sans doute joué un rôle, même si ses adversaires ont cru bon de s’en gausser, comme c’est l’usage. Ségo, qui n’a pas d’orgueil mal placé, et ose dire qu’elle a laissé un message sur le répondeur de Bayrou. L’UMP, refusant toute main tendue, préfère les appels du pied et annonce le soir même que son candidat se retire face à Bayrou.Alors, même si ce dernier ne rappelle pas Mme Royal, les électeurs du modem se souviennent sans doute du débat d’entre les deux tours. Ils semblent s’être plutôt mobilisés à gauche, étant définitivement passés dans l’opposition à Sarkozy. A droite, l’UMP avait fait, dès le premier tour le plein des voix du FN, pas de report possible de ce côté-là, alors que la gauche a fait front de toutes parts.

Ce soir, à la télé, Ségo, en direct de Melle, arbore son large sourire, Valérie Pécresse entonne sa ritournelle : « Sarkozy, les réformes, tenir ses promesse, aller vite, une majorité large… », , Emmanuel Valls s’enflamme, Rachida Dati sourie moins que l’autre jour, à Bordeaux, Juppé se fait siffler... Sur les plateaux, le débat s’enflamme à propos de la TVA, la droite accuse la gauche d’avoir caricaturé le projet, Borloo essaye de s’en sortir comme il peut : re-allégeance à Sarkozy, Strauss khan a fait un score supérieur à tous ses précédents, Xavier Bertrand préfère s’en tenir à l’émotion (Juppé, c’est son pote), Jean-François Copé, à son habitude, hausse le ton, les scores s’égrènent, on annonce que Borloo devra rendre des comptes, la droite a pris un coup dans l’aile, Montebourg a l’air soulagé, Razzye Hammadi pose trois fois la question à ses adversaires de droite: « Ne prenez-vous pas cela comme un signal »? Ambiance…

Et puis l’ultime coup bas : Pujadas lance, en plein débat, un peu sur le même ton triomphant que lors de son annonce-coup de poker du retrait d’Alain Juppé pour griller TF1 (voir http://www.acrimed.org/article1471.html), que Ségolène Royal déclare qu’elle se sépare de François Hollande. « Que pensez-vous de cette annonce, Monsieur Mélenchon ? » Le sénateur PS s’insurge du mélange des genres. Pujadas tente de rattraper le coup : « L’annonce devait être faite demain, avant la parution mercredi d’un livre qui le révèle, mais, ce soir, elle affirme qu’elle briguera le poste de secrétaire du PS si sa motion est majoritaire.. ». En réalité, pour ne pas interférer avec l’élection législative, l’annonce devait avoir lieu mardi matin dans une interview exclusive accordée à France Inter. Qui a porté le coup pour faire dévier le débat, pour éluder ce sursaut malvenu de la gauche, pour ridiculiser à nouveau celle que beaucoup semblent avoir intérêt à faire passer pour une gourde et une opportuniste?

La guerre des scoops en direct, voilà ce qui nous tient lieu de débat démocratique, voilà comment se fait une élection, flux et reflux.

mercredi 23 mai 2007

Un gouvernement de renégats

On a beaucoup parlé de la personnalité trouble du candidat à la présidentielle, certains, soulignant son narcissisme, son autoritarisme et une agressivité maladive, ont même été jusqu’à envisager un risque pour la démocratie. A droite, on cria : Horreur ! Halte à la stigmatisation, diabolisation, et il fut élu haut la main.

Depuis, M. Sarkozy a prouvé à ses détracteurs qu’il était loin d’être un dictateur en puissance et qu’on contraire il avait acquis, contrairement à M. Chirac pourtant élu avec 80% des voix, la hauteur de vue et la magnanimité nécessaires pour créer un gouvernement d’ouverture et de rassemblement au service de la France.

Comment a-t-il procédé et qu’en est-il exactement ?

On nous a d’abord expliqué - habituelles déclarations d’intention destinées à souffler aux journalistes en manque d’inspiration la ligne de leurs commentaires - que le nouveau chef de l’état était décidé à privilégier la compétence et l’efficacité au détriment d’éventuelles fidélités. M. Devedjian - faussement amer ? - alla même jusqu’à proposer que l’ouverture se fasse jusqu’au sarkozystes

Entretemps, le président avait voulu rencontrer personnellement les syndicats. Traditionnellement, c’était dans les attributions du premier ministre. Mais fi des usages ringards. De la même façon, la Lanterne, à Versailles, était jusque là la résidence réservée au chef du gouvernement : annexée par le président, « plus pratique… »

Puis, comme prévu, il a nommé son chef de gouvernement. Déjà ministre sous Balladur, au départ proche de Seguin, Fillon, c’est surtout l’homme des réformes en force du gouvernement Raffarin : les retraites et l’éducation nationale, cette dernière ayant engendré tant de protestations qu’il avait quand même dû reculer sur la partie du projet visant à supprimer le bac. Son ralliement au candidat de l'UMP? Express : au lendemain de la nomination du gouvernement Villepin dont il est l’un des oubliés, furieux, il déclare : « Ils ont fait de moi le directeur de campagne de Sarkozy.» Premier ministre, donc. Jeune, sportif, mais pas aussi flamboyant qu’un Villepin – peut-être sa coupe de cheveux ?, pragmatique et efficace, mais pas non plus fermé à tout revirement…: beaucoup d’atouts, aux yeux du Président.

Mercredi donc, et, officiellement, sur proposition du premier ministre, le gouvernement est nommé et, depuis, tout le monde est sous le choc : Alain Juppé, Xavier Borloo, Bernard Kouchner, Hervé Morin, Michèle Alliot-Marie, Christine Boutin, Valérie Pécresse, Rachida Dati, Jean-Pierre Jouyet, Martin Hirsh : l’ouverture, la véritable rupture, une équipe de campagne destinée à réformer la France, sur le terrain dès le lendemain, une véritable machine de guerre pour mener la campagne des législatives en surfant sur la vague bleue et en laminant au passage tous les autres partis.

Entre deux joggings, les deux hommes exultent, ils ont réussi leur coup : brouiller les repères, ni gauche, ni droite, le grand rêve de Bayrou, réalisé par Sarkozy, le PS déboussolé par les débauchages individuels, accusé de faire la politique de l’autruche, les électeurs de Ségo - en famille, à Djerba - groggys, Chirac disparu - silence radio au Maroc : la nouvelle France.

Alors ce nouveau gouvernement : ouverture ou graines de zizanie, agrégat hétéroclite ou cohérence profonde ?


D’abord, Juppé. Pourquoi ce choix ? Avant toute chose, pour tenir la promesse faite à Nicolas Hulot : c’est le vice-Premier ministre chargé de l’environnement durable promis par tous les partis. Or, on l’ignorait, mais Juppé, lors de son exil au Canada, avant son ralliement au nouveau chef de l’UMP et son implication active dans sa campagne, s’était judicieusement recyclé dans l’écologie, en plus de créer son blog. Mais Juppé, c’est surtout l’homme de Chirac, son fils préféré, au grand dam de Sarkozy, l’énarque, la compétence incarnée, d’une fidélité à toute épreuve, droit dans ses bottes, etc.: et bien le voici maintenant à la botte du nouveau président. Peut-être ce dernier en avait-il rêvé, alors il l’a fait….

Borloo, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi ? Indispensable : il est l’alibi social de toute bonne politique ultra libérale - rien que sa coupe en pétard… Après avoir chèrement, mais tout de même négocié, son indépendance et sa liberté pendant la campagne présidentielle, il obtient un ministère qui réunit l’emploi et l’économie pour mieux lutter contre l’assistanat.

Alliot-Marie ? Fallait bien qu’il la case : elle avait accepté de lui servir de caution démocratique en faisant mine de briguer la candidature à la candidature. Après s’être retirée sous les sifflets, toute honte bue, elle récolte le ministère de l’intérieur où elle pourra tranquillement suivre la voie tracée par son illustre prédécesseur...

A Besson, le transfuge, un secrétariat d’état chargé de la prospective et des politiques publiques : un os à ronger pour celui qui, après son rôle spectaculaire dans la campagne du candidat, aura tout de même du mal à se défaire de sa réputation de judas.

Bernard Kouchner, le socialiste le plus populaire de France - pas difficile, vous me direz - et même pas investi par le parti ! A celui qui était pour la guerre en Irak, pour l’alliance avec Bayrou, et finalement, pour jouer sa dernière carte dans un gouvernement de droite, les affaires étrangères : la bonne volonté enfin récompensée. Mettre un renégat à un poste clé, c’est l’assurance qu’il ne pourra que suivre la ligne imposée par son nouveau chef, sous peine de se retrouver définitivement seul.

Hervé Morin à la défense : le bras droit de Bayrou, seul rescapé du naufrage de l’UDF n’aura, lui non plus, guère de marge de manœuvre s’il veut rester en grâce avec ses nouveaux alliés.

Brice Hortefeux : tout un poème, son nom, son visage, son rôle : annoncer une dose de proportionnelle pour rallier les derniers sceptiques du FN, se faire engueuler officiellement par le chef, prendre quinze jours de placard, et être établi, in fine, à la tête de l’infâme ministère de l’immigration de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement - notez l’ ajout de quelques mots doux pour que ça passe mieux….

Christine Boutin : hystérique et martyr, l’ambition chevillée au corps comme dirait Ségo, elle l’obtient à l’arraché son ministère, à force de cris et de jérémiades. Elle aussi, elle a chèrement négocié ses 1,19% recueilli à l’élection présidentielle de 2002 - elle s’était présentée par pure humilité chrétienne - cela valait bien le ministère du logement et les relations avec le Vatican : Sainte Christine béatifiée.

Rachida Dati, 41 ans, magistrate, femme, la sixième de douze enfants, jolie, à l’aise, moderne, et surtout arabe, une petite révolution à elle seule pour le ministère de la justice – même si, dès lors, la compétence peut sembler passer au second plan. La preuve donc qu’on peut être arabe et de droite, arabe et bien avec Sarko, arabe et vouloir mettre en tôle tous les délinquants, même mineurs. Modèle d’intégration à la française ou alibi ethnique du gouvernement, elle, apparemment, elle n’a renié personne. Même pas ses origines ? diront les mauvaises langues…

Finalement, le pont commun entre les différents ministres de ce gouvernement semble bien être la rupture, mais la rupture avec eux-mêmes, la capacité qu’ils ont eu à un moment donné de renoncer à la voie qu’ils s’étaient choisie pour en prendre une autre, plus rentable, mais de traverse. Pour être adoubé par M. Sarkozy, il faut lui avoir fait acte d’allégeance. Chacun est ainsi récompensé à la hauteur du sacrifice consenti. Dans ce match de boxe qu’est la politique moderne, tous ont accepté, à un moment ou à un autre de s’allonger, pour mieux se relever après. Matchs truqués ? Gouvernement de renégats ? Ou ce fameux mérite qu’il voulait remettre au goût du jour dès le soir du deuxième tour ?


Et Martin Hirsh? me direz-vous. La probité et l’indépendance de l'ex-président d'Emmaüs et tout nouveau haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté ne peut à priori pas être remise en cause. Lundi, il osait donc déclarer que l'instauration de franchises sur les soins pour financer la sécurité sociale, une des réformes prônées par Nicolas Sarkozy, n'était "pas une bonne mesure. Mardi 22 mai, changement de cap : il affirmait être "rassuré" par l'assurance que les "personnes en difficulté" seraient prises en compte dans le cadre de l'instauration de franchises sur les remboursements de soins, prévue par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. CQFD ?

Diviser pour mieux régner.

dimanche 20 mai 2007

Sarkozy à l’Elysée : démarrage sur les chapeaux de roue




D’abord, il s’est joint au personnel de l’Elysée pour applaudir le président Chirac franchissant la porte du palais, dans sa voiture noire, la main dehors, doigts écartés. Puis, sans vergogne, il a prononcé son discours d’investiture : « le 6 mai… la victoire de la France qui ne veut pas mourir… celle du peuple français qui ne veut pas se laisser enfermer dans l’immobilisme et le conservatisme… je n’ai pas le droit de décevoir… » Etat des lieux alarmiste : Chirac a dû se retourner dans sa C6…

Ensuite, il y a eu l’intronisation de la famille royale, euh pardon, Kennedy, euh pardon, Sarkozy : musique du grand-père de Cécilia, robe Prada, enfants blonds, baiser sur la bouche, geste viril sur le visage d’une épouse manifestement excédée. Les ors élyséens, la marseillaise, tics des épaules, plan serré sur son visage, enfin au sommet !

Puis, le geste symbolique : l’hommage aux fusillés du bois de Boulogne, des jeunes résistants dénoncés, raflés et exécutés dans la même journée. Il a fait lire la lettre de Guy Moquet, 17 ans, - bon, pas mort au même endroit – amalgame - mais lui, au moins, il a laissé une lettre: «petite maman chérie, petit papa adoré, je vais mourir demain… » Emotion. « Mon premier geste (un de plus…) sera de demander aux enseignants de lire cette lettre en début d’année à tous les lycéens de France pour qu’ils sachent ce que c’est que d’être un homme» – la lettre d’un enfant mort pour accueillir les élèves … Patriotisme.

Puis il a continué : « Ces bourreaux… Ce ne sont plus des soldats, ce sont des assassins qui ne sont plus mus que par le seul instinct de mort et de destruction… » Quelques heures plus tard, dans les bras d’Angela Merkel…

Fi des contradictions, ce qui compte, c’est d’aller vite.

Aller vite, c’est le mot d’ordre du nouveau gouvernement.

La preuve par les images, encore. La plus vue : Fillon et Sarkozy, côte à côte, joggant à petites foulées. Puis, à peine nommé, ayant troqué le short contre le costard-cravate, le Premier Ministre est déjà sur le terrain : visite d’un foyer de femme isolées - Sarkozy, c’était des femmes en détresse- préoccupations sociales ou campagne législative expresse pour convaincre ces derniers ringards de gauchos ? Rachida Dati, la preuve vivante du renouvellement de l’élite dirigeante, enchaîne: visite surprise au centre de détention des mineurs de Fleury Mérogis puis visite au tribunal de grande instance de Créteil, un dimanche…

Quelle efficacité ! Les médias sont à fond, sourire béat de Bachi et Pernaud sur la une, tous, même Ockrent, la tueuse, qui n’est plus que la femme de Bernard, tous fascinés, les gens à Brégançon, guettant sa voiture, voulant un autographe, la France entière sous le charme, ivre de jeunesse, d’action, de vitesse…

Courir. Aller vite. Si vite qu’une petite info peut passer inaperçue : jeudi, M. Sarkozy annonce qu’il va téléphoner au président colombien pour accélérer la libération d’Ingrid Betancourt - tout un symbole, c’est la mode, apparemment - en favorisant l’échange de prisonniers. Par le plus grand des hasards, le lendemain, vendredi, le président Uribe déclare qu’il est prêt à faire intervenir l’armée, prenant ainsi le risque que les otages soient exécutés. Tout le monde s’insurge devant l’attitude irresponsable de ce dirigeant qui, selon la fille d’Ingrid, se moque ainsi de la France, de son nouveau président… Mais personne ne se demande le rôle qu’a pu avoir le coup de fil de monsieur Sarkozy dans le durcissement de sa position… Efficacité ou précipitation… ?

mardi 15 mai 2007

Chirac s'en va, toute une époque...

Chirac : un bon français.

Né en 1932, à Paris Vème, père administrateur de société, mère femme au foyer, grands-pères instituteurs, famille de paysans. A l’époque l’ascenseur social n’est pas en panne : école communale de Sainte Feréol en Corrèze, puis lycée Carnot, puis Louis le Grand, Sciences-Po, l’ENA, la guerre d’Algérie. En 1967, il est élu député : parcours classique.

Il épouse une femme de la haute : Bernadette Chodron de Courcel. Bon, son truc, apparemment, c’est plutôt « cinq minutes douche comprise », mais Bernadette vient d’un monde où l’on apprend à fermer les yeux sur les vices des hommes pourvu qu’ils vous assurent une position sociale : thés et autres bonnes œuvres donc, pour Maman.

Elu de Corrèze, berceau de sa famille, il cultive son côté beauf de province, terroir : buveur de bière, aimant la tête de veau, le saucisson, les combats de sumo, - mangez des pommes :
Chirac, les années soixante, soixante-dix, quatre-vingt, ses lunettes en écaille, carrées, ses cheveux corbeau : Chirac, la France moderne.



Chirac, l’homme pressé.


Très tôt, il participe au gouvernement de Pompidou qui l’appelle « mon bulldozer ».
Ministre en 71, de l’agriculture, puis de l’intérieur, il crée l’ANPE… Visionnaire ?

En 1974, pour le remercier d’avoir torpillé Chaban-Delmas, Giscard le prend comme premier ministre. Débute l’affrontement, la rivalité avec le noble de Clermont, celui qui veut faire peuple, mais ne peut cacher ses manières monarchiques et sa morgue : combat de coqs.

Marie France Garaud et Pierre juillet deviennent ses éminences grises. Ils se gaussent de la rusticité de leur poulain mais admirent l’animal politique. En 1976, il invente et dirige le RPR, machine de guerre créée pour combattre l’Union de la gauche instaurée avec les communistes par François Mitterrand.

En 1977, la ville de Paris se dote pour la première fois d’un maire : Chirac est candidat et est élu : ce poste, dont, au départ, il ne voyait pas trop l’intérêt, se révélera un formidable tremplin électoral.

Sarko, un Chirac jeune ?


Chirac ou la persévérance.

En 1981, au deuxième tour, la permanence de Chirac invite les militants à faire élire Mitterrand. Giscard fait ses piteux adieux. Chirac, l’homme nouveau, la droite décomplexée de l’époque.

En 1986, il est premier ministre de la première cohabitation. Aux présidentielles de 1988, lors du débat du deuxième tour, Mitterand l’écrase de son mépris : «Mais vous avez parfaitement raison, Monsieur le Premier Ministre. » Chirac est battu.

En 91, « le bruit et l’odeur… »

En 1995, Balladur, son vieil ami, premier ministre de la deuxième cohabitation, se présente à la présidentielle malgré l’accord conclu entre eux. Chirac fait campagne sur la fracture sociale, bat Balladur au premier tour, puis Jospin. Les fonctions suprêmes, enfin.



Chirac, le mou.

Pourtant, à peine élu, il fait preuve d’une grande timidité réformatrice. Il oublie la facture sociale, reprend les essais nucléaires. Juppé, en première ligne, ne passe pas.

Chirac apparaît comme quelqu’un d’assez versatile : d’abord hostile à l’euro et à l’Europe, il sera pourtant ensuite l’artisan de la monnaie unique et du référendum fatidique – pareil pour le quinquennat -, toujours sous la coupe de conseillers auquel il semble faire plus confiance qu’à lui-même : après Garaud et Juillet, après l’ère du gros Balladur, après Juppé, le normalien, vient le règne de Villepin, et sa grosse boulette : « j’ai décidé de dissoudre… »

1997 : Cohabitation avec Jospin ou l’art d’être au pouvoir sans gouverner.



Chirac, la fin de règne.

En l’an 2000, Jean-Claude Mery, financier occulte du RPR, accuse Chirac d’être au centre d’un vaste système de commissions illégales versées par des entreprises au RPR. Puis vient l’affaire des faux électeurs dans le 5ème arrondissement, des voyages privés payés sur les deniers publics et des frais de bouche du couple élyséen : il bénéficie de non-lieux pour prescription et le Conseil Constitutionnel garantit son immunité.

En 2002, après avoir rallié à peine 20 % des suffrages au premier tour, la France se mobilise contre le Front National et il est élu avec 80%: inespéré...

Manifestement, et malgré ce raz-de-marée républicain, l’idée ne lui vient pas de constituer un gouvernement d’ouverture. Au lieu de cela, il met Raffarin - on croit rêver- en première ligne, et se borne à exercer un pouvoir bonhomme dans les palais de l’Elysée, ou parfois à poil à Brégançon… L’échec au référendum, l’affaire ClearStream, le compte au Japon, le CPE, les émeutes de banlieue, les dissensions dans son camp, rien ne semble pouvoir ébranler le monarque qu’il est devenu.

Après sa rupture d’anévrisme, Chirac, le grand-père, cheveux trop longs sur sa calvitie, la démarche moins alerte, toujours le même air godiche, comme embarrassé de lui-même, trop grand, tendant l’oreille, timide : «le roi des français est vieux ».



Chirac le bilan

Depuis deux jours, à la radio, à la télé, les commentateurs soulignent laborieusement ses avancées : dans la lutte contre le cancer, ou contre les accidents de la route, ou encore pour l’insertion des handicapés. Bien mince….

Alors finalement, qu’est ce que l’histoire retiendra de Chirac ?

Chirac qui supprime le service militaire ?

Chirac et son musée des arts premiers ?

Chirac, bon malgré lui, lors de son coup de sang dans les rues de Jérusalem ?

Chirac qui reconnaît la responsabilité de la France dans la déportation des juifs…Chirac qui commémore l’abolition de l’esclavage… Chirac et la repentance, cette page déjà en train de se tourner ?

Chirac contre la guerre en Irak, avec Villepin à l’ONU... Chirac qui incarne in extrémis le gaullisme en s’opposant à G.Bush même si, peut-être est-ce tout simplement parce qu’il n’aime pas ce jeunot mal élevé dont il a bien connu le père ?

Chirac aux jeunes de banlieue : « Vous êtes tous et toutes les fils et les filles de la république… »

Chirac aux français : « Je vous aime… »?

Chirac, l’homme de la cohabitation, ni de droite, ni de gauche, protégé par son immunité, enfermé dans l’immobilisme du consensus, vidant la fonction présidentielle de tout rôle majeur au plan national, et ouvrant ainsi la voie à son successeur lequel se fera un plaisir d’infléchir les institutions de la Vème république vers un régime présidentiel et de renforcer les pouvoirs du chef de l’état ?

Chirac, l’homme de cœur ?

Chirac, le sentimental ?

Chirac, l’homme du passé ?

jeudi 10 mai 2007

Cocus?



Depuis dimanche, légitimité des urnes oblige, on se disait : bon, faut voir, marre de l’antisarkozite aiguë, de toutes façons, va bien falloir s’y habituer….

Et puis, le bénéfice du doute, paix, tolérance, après tout, pourquoi pas ?

Et puis les chiffres, 53% : on ne peut pas lutter. 2.5% de croissance, quoi qu’on fasse, c’est ce qui compte: après la ferveur, le cynisme, dernier recours.

Depuis dimanche, plus envie d’écrire. A quoi bon? Y en a qui font ça mieux que nous, comme Thierry Pelletier, un bloggeur qu’on vient de découvrir. http://www.typepad.com/t/trackback/2361606/18353218

Depuis dimanche, Ségolène Royal sur la touche, malgré l’hommage de BHL. http://http://adminv1.over-blog.com/trackback.php?Id=6581903

Et puis, au fil des jours, cette impression de s’être fait avoir, encore plus qu’on aurait pu l’imaginer.

Déjà le Fouquet’s, on avait tiqué, pas bien compris, mais maintenant : le jet privé, le Paloma, les paparazzis en hélicoptère, le footing en short jaune et lunettes noires avant l’interview à peine essoufflé.
Mais quelle mouche l’a piqué ? A-t-il seulement réfléchi que ça la foutait mal ?

Ou alors : « maintenant que c’est dans la poche - impossible de refaire le scrutin -, à moi la grande vie, les coudées franches et bisque qui raque" ?
Surfer sur la vague du « rien à cacher ». C’est ça la droite décomplexée ? Ouvrir sa gueule puis se la couler douce. La France peut bien attendre. Qu’est-ce que vous croyiez ? Bolloré ? Un ami : normal…

Non, c’est sans doute encore une opération marketing : se la jouer people et la France d’en bas est baba, même si, pour les bobos, c’est vulgaire le fric à gogo.

Pendant ce temps, y’en a qui trinquent : comparution immédiate pour les émeutiers de dimanche soir : 4 mois fermes. Des étudiants, casier judiciaire vierge, 4 mois fermes. Ca rigole plus pour les gauchos. Z’ont qu’à payer leur ticket. Comme Sarko : « pas coûté un sou au contribuable ».

Puis, aujourd’hui, de retour, bronzé, au Luxembourg - obligé de rentrer pour commémorer l’abolition de l’esclavage avec Chirac - sa repentance, après cette «forme de haine de soi » ?
« Monsieur le président ! » crient les photographes. Deux têtes qui se tournent dans un même mouvement. Non, on ne peut pas y croire. Il est plus candidat ?

Sarko, la rupture : les mots coups de poings, délitement des phrases, les valeurs dans la gueule : travail, autorité, morale, respect, mérite…. Sarko, la rupture : le coup de poignard dans le dos des travailleurs : « pas m’excuser… » Même pas peur… Tous des gogos… Cocus.

Nouveau style.

Royal candidate ? Encore une histoire de cul, il paraît…

lundi 7 mai 2007

Echos de la ville, un soir de mai.

Soir sombre


Depuis vendredi, on le savait. Et on pensait même que ce serait pire : les sondages ne nous prédisaient-ils pas 8 à 9 points d’écart? Deux jours groggy… à douter encore… à se demander pourquoi, où, quand, comment, ça n’avait pas marché… alors qu’on y avait cru…
Un vrai dégoût, ce matin, en allant voter sous le soleil et au milieu des sarkozistes triomphants.

Ce soir, le discours de Ségo – l’appeler ainsi encore une fois, pour le plaisir d’être puéril - enfin naturelle, comme soulagée : « le suffrage a parlé …déception et peine… quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas… je continue avec vous…grand moment démocratique… gardons intact l’énergie et la joie… renouvellement profond de la politique… ce que nous avons commencé ensemble… vous pouvez compter sur moi…. la rénovation de la gauche… nouvelles convergences au delà des frontières…. la responsabilité qui m’incombe désormais… l’idéal qui nous a rassemblés… demain…. d’autres victoires… » Oui, Ségo, tu t’es bien battue.

Ce soir, salle Gaveau, la voix du nouveau président: « je vais réhabiliter le travail, l’autorité, le respect, la morale, le mérite…remettre à l’honneur la nation, l’identité nationale… en finir avec la repentance… »
Pas les mêmes mots…Beaucoup qui commencent par "re", pour quelqu’un qui veut tout changer…
Et il continue : « ... à tous ceux que la vie a brisés, tous ceux que la vie a usés… qu’ils ne seront pas abandonnés, ils seront secourus... » Biblique, lui aussi ? « Ce soir, la France est de retour en Europe… je les conjure d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés… à tous les enfants… les femmes martyrisées… les infirmières libyennes …Ingrid Betancourt…. porter la burka… l’identité de la France… une nouvelle page de l‘histoire… » Quand le lyrisme flirte avec la confusion…

Et puis la voiture qui fonce, un essaim de motos à sa poursuite, les rétroviseurs qui volent, les portières qui frottent, les sirènes qui hurlent : vitesse, bruit et fureur. Sarko, la main accrochée au toit, son bras replié cachant son visage aux journalistes qui zigzaguent dangereusement.
On croit qu’il file place de la Concorde où ses supporters l’attendent, mais non, c’est la rue de Marignan. Va-t-il s’offrir la descente des Champs-Elysées ? En fait il se rend au Fouquet's, où l’attendent tous ses amis du show-biz : la France d’en haut… Place de la Concorde, la France d’en bas peut bien attendre son nouveau chef …

Et puis Johnny,revenu de Suisse, est là : « je sais qu’il tiendra les promesses qu’il a faites… j’en suis sûr, il vient de me le dire encore… un homme qui aime sa famille, ses amis …. La France l’a élu pour que cela change… vive Nicolas Sarkozy et vive la France »
Quelques huées derrière lui.



Hallali



Sur les plateaux, la gauche : même pas merci, même pas bravo.
Déjà Strauss-Khan a préparé son laïus: «C’est une très grave défaite pour la gauche. C’est au premier tour que cela s’est joué. Jamais la gauche n’a été aussi bas au premier tour. » - Non, même pas en 2002 ? « Le PS n’a pas su faire une gauche moderne. La gauche ce n’est pas « je », la gauche, c’est « nous ». Et d’enchaîner sans vergogne avec « moi, j’ai tenté une refondation social démocrate, elle n’a pas abouti, je suis disponible pour la rénovation du PS. »

Moue réprobatrice de Jack Lang

Et Fabius qui en rajoute une couche : « Le drapeau de la gauche est à terre. Nous n’avons pas convaincu suffisamment que notre candidate pouvait être président. » Et puis, après avoir appris que Strauss khan est monté au créneau avant lui : « Il ne faut pas commencer des bisbilles internes au PS. La campagne pour les législatives devra être menée collégialement. »
Bataille des chefs.

Heureusement, ses proches restent fidèles :
Julien Dray : « Elle a réglé le problème de leader ship de la gauche… un niveau historique du point de vue des scores. »
Patrick Mennucci : « la ferveur qui ne se dément pas autour de Mme Royal… » Jean-Louis Bianco : « Son rôle central… »

Le PS se déchire.
Pendant ce temps, place de la Bastille, quelques affrontements …

Sarkozy arrive place de la Concorde, bousculade back-stage, les nantis se pressent pour féliciter leur ami. A ce moment-là, - coïncidence ?- une musique arabe : le rail algérien de Faudel, bientôt remplacé par la Marseillaise… L’impression que Mireille Matthieu chante un peu faux…



Analyse d’une défaite


Alors pourquoi ?
Que nous a-t-il manqué ? Gilbert Montagné ? Non, l’aigreur, on le sait est mauvaise conseillère…

Alors, pourquoi a-t-on perdu ? Pourquoi Ségo n’a-t-elle pas plus convaincu? Pourquoi tout le monde n’y a-t-il pas cru, comme nous ?

Pour beaucoup de raisons sans doute.

Ce matin, tout le monde se lâche, tous les déçus de la gauche : « trop nase », « pas compétente », « si c’était Strauss khan… », «de toutes façons, je l’aimais pas, trop minette… », « quelqu’un qui commence le débat en disant qu’il faut raccompagner chez elles toutes les femmes fonctionnaires de police! »…

Alors c’est vrai, on veut bien en convenir, qu’elle ne s’est pas révélée une excellente oratrice. Contrairement à son rival qui, lui, sait placer des mots clairs et simples en réponse à des questions de bons sens, compréhensibles du commun des mortels – « la campagne du parler vrai » a dit Juppé sur la une -, Ségolène,elle, avait toujours un débit un peu mécanique, une voix un peu défaillante, surtout au début, avec le stress. Ajouté à cela un discours beaucoup trop technique, avec des mesures précises, mais trop nouvelles, parfois complexes, difficiles à comprendre. Et les gens décrochaient au bout de 10 minutes…

Et puis, peut-être un peu trop coincée, pas naturelle, défaut qui, pour nous, l’honore face à la fausse spontanéité et au naturel démagogique.

Et puis trop seule : les éléphants ne l'ont jamais vrauiment soutenue, écœurés de s’être fait rafler la succession du PS par la femme du boss, ce brave Hollande qu’on avait mis à la tête du PS, sûr qu’il ne pourrait pas y aller, lui.

Et puis trop femme : la France manifestement a encore un petit problème avec les jupes, surtout les femmes elles-mêmes, du moins certaines, qui font plus naturellement confiance à un mâle viril.

Mais surtout les sondages, maladie des médias, lesquels, à peine l’élection achevée, les multiplient à nouveau sur les législatives, sur le choix du premier ministre, etc.

Mais surtout la France, la France qui vote à droite, depuis la guerre et plus que jamais. «Il n’y a qu’une seule France » clame Sarkozy. Non, il n’y a pas qu’une seule France, ni même deux France, mais trois au moins, dont deux ont voté à droite.

La France des gens qui veulent préserver leurs intérêts et qui, dans ce cas, votent vraiment utile : le bouclier fiscal, la suppression des droits de succession, la libéralisation du travail, c’est pour eux.

Et puis, il y a une France intermédiaire, celle des bobos, des jeunes, des parisiens, héritiers plus ou moins honteux de la gauche caviar, ceux qui n’ont pas encore basculé à droite et qui s’accrochent aux valeurs de gauche : la solidarité, la fraternité, le refus de l’intolérance et des peurs fantasmatiques... Peut-être ceux-là ont-ils les moyens (l’éducation, le niveau de vie) de se payer cette ouverture d’esprit. .

Et puis, il a le peuple, les gens simples, ceux qui rament et qui luttent au jour le jour pour ne pas virer aigris et racistes, ceux qui parfois se sont laissés aller à voter Le Pen pour « mettre un grand coup de pied dans la fourmilière », ceux qui ont été trop contents que M. Sarkozy donne enfin une légitimité à toutes leurs haines, qu’il sanctifie leur aigreur et stigmatise l’autre camp : la gauche bien pensante, toujours encline à jouer les redresseurs de torts en tailleur Armani ou Paule Ka . Ceux-là aussi ont voté pour Sarkozy.
Bref trois France, trois ordres, ça ne vous rappelle rien ?

Mais surtout trop tôt : Sarkozy, cela fait trente ans qu’il laboure le terrain pour y arriver. Il s’est appuyé sur la machine de guerre qu’est l’UMP et que Chirac a fait la boulette - une parmi d’autres- de lui remettre clé en main. Ségolène, cela fait à peine deux ans qu’elle y pense réellement. Alors, rendez-vous dans 5 ans.

dimanche 6 mai 2007

06-05-2007


06-05-2007
Originally uploaded by Parti socialiste.